Podcast Interview numérisation PME

Ecoutez l’interview d’Isabelle Pioc, fondatrice de Passages Secrets. Invitée par la France Num dans le cadre du lancement du Podcast ” Monte le son “. Thème de ce 1er épisode : la numérisation des PME. Isabelle Pioc présente l’agence d’évènementiel et de voyages, son évolution et son exemple d’action de digitalisation.

L’art contemporain, pourquoi ?

L’Art Contemporain, ça fait du bien !

Et si regarder des œuvres d’art étonnantes, parfois bousculantes ou dérangeantes, ouvrait en nous des portes, essentielles à notre participation au monde d’aujourd’hui ?

C’est de l’Art, ça ?

Le Beau artistique ne se présente clairement plus sous forme d’émotions délicieuses dont on se délecte. Il ne nous emmène plus vers les hauteurs de la dévotion religieuse… mais alors quoi ? Que nous proposent ces artistes avec leurs installations incompréhensibles ? Et franchement laides parfois ?  C’est de l’Art ça ?

Oui !

Parce que l’Art est un miroir qui nous est tendu, et qu’il reflète les profondes interrogations du temps. Il nous parle de mutations, de destructions et de Re-création. L’artiste contemporain ouvre des routes vers l’inexploré.

” The Gardians ” de Tatiana Trouvé

Alors regardons ensemble ” Les Guardians “, la série des chaises de l’artiste Tatiana Trouvé, que nous pouvons voir au sein de la Collection Pinault, dans la spectaculaire Bourse de Commerce.
Ces chaises, sur lesquelles nous ne nous asseyons pas, encombrées de coussins qu’une empreinte mystérieuse a plissé, témoignent d’un humain invisible, agit comme une respiration. Nous déambulons dans cet espace muséal immaculé de la Bourse de Commerce. Notre chemin tracé nous emmène comme une aventure à travers des images. En effet, les « Guardians » de Tatiana Trouvé sont posés comme des points d’orgue dans une partition circulaire.

Le marbre, l’onyx et le bronze nous ancrent, et nous parlent par contraste du dérisoire quotidien, de ces vies invisibles dont les fragments convoquent une présence que nous interrogeons. A qui sont ces chaussures modelées de l’intérieur comme des coquillages ?

Ici un badge, une cordelette, une pince à cheveux. Et puis des livres, dont les titres nous parlent des enjeux du monde, de sa grande histoire, du moins celle que Tatiana entend se chuchoter à son oreille. Et qu’elle relaie.
L’empreinte en creux devient aussi vivante que ce qui l’a créée. La mémoire des formes est donc ici si célébrée, si magnifiée qu’elle révèle la substance des Gardiens. Mais quels gardiens ? Ceux des chaises des musées ? Ou bien d’autres, plus menaçants ou plus familiers ?

Tatiana Trouvé avait confié lors d’une interview à France Culture, sa fascination pour cette fonction de « garder » des œuvres, elle qui a expérimenté, en arrivant à Paris, cet étrange travail, pas si anodin. Pour elle les expressions plastiques des artistes sont douées d’une vie propre, d’un inconscient. Et le gardien qui veille sur ces « forêts » porte alors une responsabilité impressionnante.

Le sujet de l’oeuvre d’art

Ainsi, cette conversation avec nous-mêmes, provoquée par une œuvre qui se déplie comme autant d’univers, est nécessaire : elle nous réveille et nous rend vivants. Et nous transforme sans cesse.

Finalement, c’est le sujet même de l’œuvre d’art et de l’Art Contemporain en particulier, non ?

Rédactrice : Françoise Hotier.

Photo : Bourse de Commerce — Pinault Collection © Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, Agence Pierre-Antoine Gatier.
Photo Marc Domage

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Visite de la Cité radieuse

Visite de La Cité Radieuse à Marseille

Au delà du modèle architectural, un concept de vie à découvrir ou à redécouvrir au cœur de la cité phocéenne !

Utopiste et anticonformiste, Charles-Édouard Jeanneret-Gris, plus connu sous le nom de « Le Corbusier », se révèle être un précurseur lorsqu’il achève en 1952, au cœur de Marseille, la construction de la première unité d’habitation qui deviendra le modèle d’un nouvel habitat social au lendemain de la seconde guerre mondiale.   4 autres suivront entre 1953 et 1965.

Véritable cité jardin verticale, cet immeuble expérimental répond alors à l’urgence de la reconstruction et de la production de logements en nombre. Il est dédié à héberger plus de 300 familles. La philosophie de Le Corbusier, en matière de logement, vise à assurer à chacune d’elle le maximum d’intimité et de dépendance tout en développant un esprit de services communs très développé qui n’a eu de cesse de se renouveler au fil du temps.

S’affranchissant des principes classiques de l’architecture, Le Corbusier conçoit ce projet comme une « machine à habiter ». Elle laisse place à la nature, à la couleur et à la lumière tout en minimisant la surface au sol. Ici, on ne parle pas d’étages mais de rues, de pilotis et de cellules traversantes qui illustrent l’approche humaniste de son inventeur. Sa volonté était de rendre ses habitants heureux.

Une œuvre collective

La fonctionnalité omniprésente dans chaque espace du lieu est saisissante pour l’époque. Elle résulte de la contribution remarquable de designers de renom parmi lesquelles Charlotte Périan et Jean Prouvé. Ils développerons nombre d’astuces pour faciliter l’accès à tous les équipements du logement en un minimum de gestes !

Charlotte Périan s’attachera particulièrement à valoriser la femme au sein du foyer. En effet, elle lui permet, notamment par le biais de cuisines ouvertes et particulièrement fonctionnelles de ne pas être reléguées aux seule tâches ménagères à l’écart des autres membres de la famille.

Comme le disait Le Corbusier lui même : « Une cuisine bien faite vaut la paix au foyer… »

Quant à Jean Prouvé, il exprimera son talent par la réalisation de somptueux escaliers dans les duplex et quelques bonnes trouvailles permettant d’optimiser le passage de la lumière grace notamment aux baies vitrées aux dimensions de la taille de la pièce.

Si la jouissance de l’ensoleillement et la volonté de préserver un espace naturel respectueux du terrain et de la vue résonnent aujourd’hui comme des préoccupations naturelles, ces considérations étaient avant-gardistes pour l’époque. Quant au toit terrasse, conçu comme un espace éducatif, de loisir et de sport, c’est un modèle du genre qui inspire encore aujourd’hui de nombreux projets architecturaux.

Une figure d’homme debout, le bras levé, au pied même de l’édifice nous rappelle la mise en application de ce que Le Corbusier a appelé le  « Modulor ». Il s’agit une unité de mesure inspirée par les proportions du corps humain et de savants calculs mathématiques.

Ouverte sur l’extérieur mais idéalement conçue pour une vie en autarcie, la Cité Radieuse a déchainé les critiques les plus vives. L’usage du béton brut de décoffrage n’a pas toujours été apprécié et le style brutaliste de l’ensemble peut surprendre. Toutefois une chose est certaine, cet édifice classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, est un joyau architectural du XXe siècle. Il mérite indiscutablement une visite !

Rédactrice : Christine Masseron.

CREDIT PHOTO : ©E.Lamy OMTCM

Exposition Musée du verre

exposition "Lettres de verre, une éclipse de l'objet" au Mus Verre

Exposition au Musée du verre Mus Verre

Une pépite à découvrir !

le MusVerre est niché dans la verdoyante campagne du Nord, à Sars-Poteries. Il décline l’une des collections les plus importantes d’Europe entièrement dédiée au travail du verre. A la définition austère et peu flatteuse de ce matériau décrit comme solide, transparent et cassant, répond une créativité artistique débordante d’imagination et de vitalité.

Les réalisations des verriers de Sars-Poteries du XIXème et début XXème côtoient celles d’artistes internationaux contemporains qui ne cessent de réinventer l’usage du verre. Vous y découvrirez les fabuleuses créations des « Bousillés ». Véritables chefs d’oeuvre, ce sont aussi d’émouvants témoignages d’un  patrimoine industriel historique méconnu.

Le Mus Verre, écrin de pierre bleue du Hainaut, a été créé en 2016. L’imagination, la couleur et la fantaisie apparente des pièces qui y sont savamment mises en scène feraient presque oublier oh combien la maitrise du verre est délicate et complexe.

Ce matériau ne prend toute sa splendeur que par le savoir faire méticuleux des maitres verriers qui s’attellent dans la confidentialité de leurs ateliers.

” LETTRES DE VERRE, une éclipse de l’Objet “

Telle est le titre de l’exposition orchestrée par Jean-Baptiste Sibertin-Blanc. Artiste et designer spécialisé, il nous propose un nouvel Abécédaire tout en …verre !

Croyait-on avoir tout vu, tout essayé en matière de typographie ? Force est de constater que les lettres peuvent se réinventer dans l’espace et tordre le cou à tous les stéréotypes. Au delà de l’idée novatrice, se décline une profonde réflexion qui nous interroge sur le sens de notre vocabulaire.  Les lettres se suivent mais ne se ressemblent pas.  Le tour de force réside dans l’harmonie qui en résulte. Elle transforme cette série de signes graphiques en une oeuvre d’art globale. Chaque lettre y affiche une subtile personnalité.

Aucune lettre n’illustre le même savoir faire. Il est peu de dire que les 4 verriers qui ont collaboré à ce magnifique projet brouillent un peu les pistes. En effet ils ont alterné travail de la pâte de verre (Didier Richard), bombage (Hugues Desserme), soufflage (Simon Muller) et verre à la flamme (Stéphane Rivoal).

La cohésion de l’ensemble, le choix des couleurs et les jeux de lumière sont une belle incitation pour découvrir ce lieu et cette exposition merveilleux !

Exposition à voir au MusVerre dans Le Nord à Sars-Poteries, jusqu’au 9 janvier 2022.

Rédactrice : Christine Masseron.

CREDIT PHOTO : Lettre N, pâte de verre © Karine Faby

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Exposition Drawing factory Paris17

Dessins contemporains à la Drawing Factory

Réinventer l’espace d’un ancien hôtel parisien, en faire un lieu de rencontres improbables avec des artistes passionné(e)s , tel est le pari osé entrepris par 2 ambassadrices. Christine Phal, fondatrice du Drawing Lab Paris et Carine Tissot, directrice de Drawing Now Art Fair et du Drawing Hotel,  œuvrent à la promotion et à la diffusion du dessin contemporain, en partenariat avec le Centre national des arts plastiques.
Déployés sur 5 niveaux, 1500m2 accueillent une trentaine d’artistes pratiquant le dessin sous toutes ses formes.

Une initiative réussie

Aussi inédite que cosmopolite, la déambulation au sein des ateliers mis à la disposition des artistes nous interroge sur la définition même du dessin et son rapport à l’art.  Jeunes, pour la plupart d’entre eux, ils s’affranchissent des codes et nous livrent d’étonnants points de vue graphiques sur notre environnement. Les objets du quotidien urbain croqués par Clovis Rétif, inspiré par sa formation en design et en architecture, sont autant d’interrogations sur notre cadre de vie intime. Bien que familiers à notre regard, ces objets déconcertent par leur réalisme soudain.

« Quand l’impossible devient possible », telle est la devise qui caractérise la pratique artistique de Maxime Verdier. Ainsi il traduit à travers le dessin, mais aussi la peinture et la sculpture, les histoires fantastiques qui peuplent notre inconscient. Il nous emmène à travers son travail dans un monde onirique peuplé de chimères. La poésie qui émane de son travail est une belle parenthèse dans le monde d’aujourd’hui.

Il est injuste de ne pas tous les mentionner mais telle est la règle du jeu ! Par l’expression personnelle que chacun(e) d’entre eux exprime au travers de ses créations, il se noue des rencontres dont on garde un souvenir précieux. Tel est le sentiment ressenti face au travail d’un duo qui fonctionne en parfaite harmonie, celui de Pauline Martinet et Zoé Texereau. Elles élaborent une écriture commune qui sublime notamment des espaces architecturaux qui prennent vie sous leur impulsion créatrice. L’audace de la couleur et la mixité du trait de crayon associé à l’usage de tissus est prometteur.

Une autre belle rencontre que celle avec Gabrielle Kourdazé, qui joue subtilement la carte des superpositions des lignes et des matières pour un résultat tout à fait stupéfiant ! En combinant habilement des techniques aussi variées que la gravure sur bois, le crayon de couleur, ou le trait à l’encre, cette musicienne rythme son travail au gré d’une mélodie qui résonne comme un écho sonore à ce qu’elle couche habilement sur la toile.

Saluons cette  belle initiative qui encourage et fait connaitre des artistes trop souvent méconnu(e)s mais qui incontestablement méritent de l’être !

A voir jusqu’au 20 septembre 2021 à la Drawing Factory 11 avenue Mac Mahon, Paris 17ème.

Rédactrice : Christine Masseron

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2021, nouvelles expériences à vivre

2021 une année à découvrir avec Passages Secrets ! Regarder autrement, écrire de nouvelles histoires et vivre de nouvelles expériences.

Découvrez ce que Passages Secrets vous propose pour 2021…

Exposition Jean Vendome, artiste joaillier

« Jean Vendome » artiste joaillier

« Servir les pierres sans les trahir », telle est la devise de ce précurseur.  Jean Vendome a dynamité la  joaillerie conventionnelle et ouvert la voie à de nouvelles aspérités. En soixante sept ans de carrière, cet artiste injustement méconnu du grand public s’est imposé par sa conception inédite du bijou. Rebelle à toute forme de conformisme, il s’invente non seulement un style mais aussi un nom. Comment Ohan Tuhdarian devient-il Jean Vendome ? L’histoire qui suit vous le révéle…

« Vendome », un nom qui résonne avec une place devenue épicentre de la joaillerie mondiale à l’aube du XXe siècle et qui ne doit rien au hasard. En effet, si l’artiste décide d’exposer ses créations dans les salons professionnels des années 60 sous le nom de « Vendome », c’est qu’il travaille en sous- traitance pour toutes les grandes maisons de la place. Ce nom ne pouvant être légitimement utilisé, il n’a d’autre choix que de se retirer ou trouver une alternative… Ce sera « Jean Vendôme » ! Une légende est née.

Jean Vendome rentre dans ce métier pour réaliser ses rêves. Il n’aura de cesse d’inventer un nouveau rapport au bijou en faisant d’un accessoire une œuvre d’art à part entière. Il nous rappelle par son travail l’origine latine du mot bijou, « jocus » qui signifie le jeu. En effet, il nous offre des jeux inédits autour de matériaux bruts. Ils mettent en lumière des gemmes surprenantes.  Pas nécessairement précieuses au sens propre du terme, elles n’en sont toujours pas moins magnifiées par une approche sculpturale atypique.

Avant-gardiste, il n’est pas sans rappeler certains de ses contemporains qui ont repensé l’art sous toutes ses formes. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Ils ont volontairement décloisonné les frontières entre dessins, peintures, sculptures et joaillerie.

Si le diamant est un incontournable, il se fait discret dans les œuvres de cet artiste. De fait, il privilégie les agates, les quartz et autres pierres fines car leur palette de couleurs est une source infinie d’inspiration.

Portant une attention toute particulière aux matériaux bruts, il les sculptent pour être portés en broches, bagues ou pendentifs en transcendant les codes usuels et en inventant de nouvelles techniques.
Aimant particulièrement l’or jaune, Jean Vendome s’est attaché à le travailler d’une façon très personnelle. Elle donnera naissance au style pépite dont Jean Cocteau sera un illustre ambassadeur.

Son approche novatrice s’inspire non seulement de la nature mais aussi de l’architecture qui lui permet de mettre en scène des matériaux rarement utilisés. C’est également par ses recherches sur la mobilité du bijou qu’il devient un designer d’une surprenante modernité.                            Son goût pour les formes singulières nous interpelle. Son audace peut parfois nous surprendre, toujours est-il que son travail illustre un esprit avant-gardiste et le travail du beau !

Bel hommage que celui rendu par l’Ecole des Arts joailliers à Jean Vendome, jusqu’au 18 décembre 2020. Pendant la fermeture temporaire de l’exposition, l’Ecole propose une promenade digitale.

Rédactrice : Christine Masseron.
CREDIT PHOTO : Photo affiche Benjamin Chelly

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Exposition ” A table ! Le repas tout un art “

« A table ! le repas tout un art »

Un art chaleureux que ce bel art de la gastronomie française qui réchauffe notre cœur et émoustille nos papilles ! Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2010, le repas gastronomique des français met les petits plats dans les grands. Il mobilise chefs talentueux, produits d’exception et fins gourmets dans une perpétuelle recherche d’excellence. La Manufacture de Sèvres nous invite à sa découverte cet automne.

La France serait-elle l’exception culturelle en matière de gastronomie ? Pays de la « bonne chère » par excellence, la gastronomie française incarne avant tout la beauté de l’art culinaire. Cet art de vivre ponctue chacun des moments les plus importants de notre vie. A l’heure où la distanciation physique s’impose au regard de la crise sanitaire, la joie de se retrouver autour d’une table lors d’un moment de partage, de gourmandise et de raffinement prend tout son sens. Nos ancêtres l’avaient bien compris !

L’invitation au voyage proposé par la Manufacture de Sèvres à l’occasion de l’exposition « A table, Le repas tout un art » nous fait découvrir les racines gréco-romaines de nos repas. Elle nous éclaire sur la pratique du banquet, élément culturel fondateur de la Gaule Romaine ! C’est ainsi que l’on découvre que la dégustation des foies d’oies était déjà pratique courante à cette époque.

Des origines moyenâgeuses du festin français aux aliments étrangers venus du Nouveau Monde à la Renaissance, c’est toute une épopée de la gastronomie française qu’il nous est permis d’appréhender au travers des centaines d’objets exposés.

L’art de la cuisine française n’a jamais cessé d’évoluer. Le XVIIe siècle a joué un rôle déterminant dans l’évolution du repas gastronomique et des pratiques de la table. Si l’utilisation d’assiettes et de couverts est aujourd’hui banale, rappelons nous que ce ne fut pas toujours le cas ! Difficile à imaginer quand on songe au raffinement déployé par le « service à la française ». Celui-ci se traduit par une suite de plats nommés « services » qui se succèdent au cours du repas pour satisfaire les convives. Déjà, l’on parle de « Nouvelle cuisine » en lien avec les recherches agronomiques de l’époque. Elles sont notamment menées au Potager du Roi à Versailles, encore cultivé de nos jours.

Quant au XVIIIe siècle, il met en lumière l’extrême minutie qui  entoure la préparation des mets et la grande diversité des ustensiles et accessoires en vogue à l’époque. Mais c’est avant tout l’intimité qui est au cœur de cet art de vivre qui va s’ouvrir aux tables bourgeoises au XIXe siècle.

Petit à petit, un véritable nationalisme culinaire prend forme. Il place la gastronomie française comme la plus savante et la plus estimée de toute l’Europe. Au service du pouvoir et mise à l’honneur lors des grandes fêtes, la gastronomie française s’exporte à travers le monde et se démocratise au cours du XXe siècle.

Bien que solidement ancrée dans la tradition, la gastronomie française fait oeuvre de citoyenneté. En effet elle lutte contre l’uniformisation des goûts et en privilégie une consommation responsable qui fait écho aux questions liées à la biodiversité et à la nutrition à travers le monde.

Alors que vous soyez juste gourmands ou fins gourmets, venez découvrir cette magnifique exposition. Elle vous attend à la Manufacture de Sèvres qui nous invite à passer… A table !

Exposition du 18/11/20 au 16/05/21 au Musée national de céramique de Sèvres.

Rédactrice : Christine Masseron.
CREDIT PHOTO : illustration de l’exposition 2020 © Nicolas Buffe

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Exposition Jean Dubuffet, Un barbare en Europe

Exposition Jean Dubuffet, Un barbare en Europe

Dès son plus jeune âge, Jean Dubuffet est influencé par les peintures d’avant garde et des écrits modernistes. Ainsi il se persuade que la création d’arts doit s’ancrer dans la vie pratique banale. Brillant élève, quoique parfois indiscipliné, il donne libre cours à son goût pour le dessin. Peu à peu, il se forge un esprit subversif qui fera de lui un artiste indépendant, atypique et polémique.

L’expression du coté fantasmagorique des choses les plus banales, les plus triviales, comme le métro, fera de Jean Dubuffet « l’ethnologue du métro ». Mais c’est plus largement son regard sur les sciences humaines et sociales qui remet en question notre rapport à l’art.

On lui doit le concept « d’art brut ». Ce dernier fait référence à des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique où se manifeste la seule fonction de l’invention. Jean Dubuffet est à la fois peintre, sculpteur, musicien et homme de lettres.  Dès les années 40, il est en quête d’œuvres extra culturelles, rejetant l’élitisme parisien et ses codes stricts.

C’est à l’occasion d’un voyage en Suisse en 1945, qu’il  découvre l’approche novatrice d’artistes, de médecins et psychiatres. Elle fait écho à ses propres travaux, bousculant l’art et la culture de son époque.

Rebelle, tel un « barbare », Jean Dubuffet constitue une collection d’objets d’une grande diversité. Parfois déroutante, peut-être même incohérente au premier regard, elle célèbre l’invention sous toutes ses formes.

Créés par des pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, des détenus, des originaux, des solitaires ou des réprouvés, ces objets inédits témoignent de la recherche d’un art au delà de toutes les frontières sociales et culturelles existantes. Il perçoit dans cette création marginale une opération artistique pure, brute, libre, empreinte d’une profonde sincérité qui bouscule la culture traditionnelle.

Atypique, cette collection surprend et interroge sur ce que l’artiste nomme « l’Homme du commun ». Rejetant toute notion d’art primitif, Jean Dubuffet nous livre par le biais de cette très belle exposition son regard critique sur l’art officiel et son incessante quête d’un art différent s’exprimant au travers de créations singulières.

Artiste majeur de sa génération, Jean Dubuffet privilégie l’invention à la tradition, le commun et le banal au sophistiqué, le brut au raffiné.  A ce titre il remet en cause les fondements de notre culture occidentale.

L’exposition Jean Dubuffet , Un barbare en Europe au MEG nous éclaire sur les prospections artistiques de l’artiste. Elle atteste d’une recherche savamment documentée qui interroge sur les valeurs de l’art.

Avis aux amateurs en quête d’alternative aux courants d’art traditionnels à la recherche d’œuvres inédites …!

Jusqu’au 28/02/2021 au MEG (Musée d’ethnographie de Genève, Suisse)

Rédactrice : Christine Masseron.
Crédit photo : Ontogénèse (détail) de Jean Dubuffet © 2020, ProLitteris, Zurich.

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Exposition pop art - Les amazones…

L’exposition les Amazones du pop art met les femmes à l’honneur
Pour célébrer ses 30 ans, le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice (MAMAC) met à l’honneur des artistes femmes. Très engagées, elles ont contribué à la tendance Pop au sortir des années 50. Ces artistes sont les figures de proue d’un nouvel idéal qui va révolutionner à jamais l’image de la femme. Elles vont, telles des amazones, s’affranchir des conventions dans une société dominée par les hommes et imposer leur style.

Ces pionnières sont trop longtemps restées dans l’ombre de leurs célèbres homologues masculins tels Robert Rauschenberg, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Tom Wesselman ou bien encore Andy Warhol. Cette exposition retrace leur histoire.

Entre l’image aseptisée de la femme lascive, épouse au foyer, comblée et celle de la femme fatale incarnée par les stars hollywoodiennes, la féminité à l’aube des années 60 s’apparente à une forme de « domesticité stéréotypée ». La Femme est véritablement transcendée par le regard nouveau que lui portent ces artistes féminines. Ainsi, elle se révèle à nos yeux dans une galerie de portraits illustrant une société en pleine mutation.

Leur parcours artistique est empreint d’ironie. De même, leur culture populaire haute en couleurs défie les canons masculins si profondément ancrés dans notre société. Leur émergence dans les plus hautes sphères de l’art contemporain célèbre l’anti-héroïsme de la vie moderne. Elle contribue également à faire tomber les barrières entre l’art et la vie.

La spontanéité et la bonne humeur qui émanent de ces œuvres nous en disent long sur leur volonté pacifique de faire vivre un courant spirituel avant-gardiste annonciateur d’un monde meilleur porté par : « Love is all we need ! ».

Une initiative salutaire que cette exposition « She- Bam Pow Pop Wiz ! les amazones du Pop ».  Elle nous offre une relecture inédite d’un mouvement artistique majeur du XXe siècle.

A découvrir à Nice, du 3 octobre 2020 au 28 mars 2021 au MAMAC.

Rédactrice : Christine Masseron.
CREDIT PHOTO : ADAGIP, Paris 2020, Tous droits réservé – Lucia Marcussi, Florence (Italie) 1933

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